27 mars 2026
En France, près de 2,7 millions de personnes de plus de 60 ans vivent seules (source : Insee, 2022). Beaucoup occupent des logements devenus trop grands ou trop coûteux à entretenir. En parallèle, le revenu médian des plus de 65 ans s’élève à 1568 € par mois, avec 17% qui vivent sous le seuil de pauvreté (Observatoire des inégalités, 2023). Le coût d’un EHPAD dépasse régulièrement les 2000 € par mois (France Bleu, 2022), et même les résidences seniors restent inaccessibles à certains.
Face à cette équation impossible, la colocation entre seniors apparaît comme une alternative humaine et économique… mais à condition d’en lever quelques obstacles, notamment pour les personnes aux revenus modestes.
Dès qu’on gratte un peu, on se rend compte que la colocation est surtout prise d’assaut par des seniors actifs ou aisés, qui souhaitent rompre la solitude tout en gardant leur niveau de confort. Les seniors les plus modestes, eux, rencontrent plusieurs freins :
Sur ces points, il existe pourtant des solutions concrètes et des astuces qui peuvent tout changer.
Bien que ce ne soit pas réservé exclusivement aux jeunes et aux personnes âgées, faire entrer une tierce personne plus jeune (étudiant, jeune actif, etc.) dans le montage de la colocation peut alléger le coût pour tous et rassurer certains propriétaires. Quelques réseaux comme Ensemble2générations facilitent ce type de mise en relation.
Ce sont des petits détails, mais ils peuvent faire baisser la facture de façon significative, tout en créant du lien.
Quelques villes (Montreuil, Nantes, Strasbourg) proposent même des programmes expérimentaux de “colocations solidaires seniors” avec des loyers encadrés et un accompagnement personnalisé.
Bien souvent, la principale barrière reste... le regard des autres. “Ce n’est pas pour moi”, “Je n’oserai jamais demander”, “Ça ne se fait pas à mon âge”. Pourtant, c’est une réponse pleine de dignité. Depuis 2021, le gouvernement encourage le développement de l’habitat inclusif, et 38% des Français de plus de 60 ans se disent intéressés par l’idée de partager leur logement (sondage OpinionWay/Silver Valley, 2022).
Plus le mouvement grandit, y compris grâce aux témoignages de ceux qui l’ont vécu, plus l’offre s’adaptera… et plus les propriétaires oseront aussi ouvrir leurs portes à des locataires seniors en colocation, avec ou sans fortune.
| Ville | Loyer moyen (100m2) | Disponibilité de colocation senior |
|---|---|---|
| Toulouse | 950 € | oui |
| Limoges | 680 € | en développement |
| Nantes | 1050 € | oui |
| Albi | 720 € | initiatives locales |
Synthèse issue de SeLoger, 2023 et plateformes de colocation seniors
Rendre la colocation accessible aux seniors à revenus modestes, c’est avant tout sortir de l’isolement. Le chemin n’est pas semé que d’embûches : des aides existent, les initiatives se multiplient, et le bouche-à-oreille fonctionne plus que jamais. Conseil d’ami : on n’hésite pas à se rapprocher des associations, à en parler avec la famille, et surtout à rencontrer d’autres seniors qui ont déjà sauté le pas. Après tout, “vivre ensemble”, ce n’est pas juste partager des murs, c’est s’ouvrir de nouveaux horizons — et, qui sait, s’offrir les plus belles années du grand âge, même avec un petit budget.