29 mars 2026
| Type d’habitat | Avantages | Limites | Pour qui ? |
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| Colocation “classique” entre seniors |
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Autonomes, esprit ouvert, sociables |
| Habitat groupé ou participatif |
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Envie de s’impliquer, valeurs de solidarité |
| Maison partagée associative |
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Seniors modestes ou fragilisés, besoin de sécurité |
| Logements intergénérationnels |
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Ouverture d’esprit, appétence pour le partage |
Imaginez deux, trois, quatre seniors qui décident de se partager une grande maison. Chacun sa chambre, parfois sa salle de bain, et les pièces à vivre communes. Le bail peut être partagé ou il peut y avoir un “locataire principal” qui sous-loue (avec accord du propriétaire). C’est le modèle qui séduit le plus pour démarrer, car il n’impose pas de tout chambouler dans sa vie : pas d’achat immobilier, pas d’engagement sur 10 ans. Et puis, il y a cette liberté de partir si l’envie ou le besoin s’en fait sentir.
Selon le site Colette Club, la demande de chambres en colocation a augmenté de 30 % chez les plus de 65 ans entre 2019 et 2023. Les avantages sont nombreux :
Mais la colocation demande aussi de la souplesse d’esprit et un peu d’organisation : fixer ensemble des règles de vie et savoir gérer les petites frictions… Ce n’est pas un retour à la vie étudiante, mais presque ! Elle s’adresse plutôt à des personnes en bonne santé, qui souhaitent simplement rompre la solitude ou éviter les charges d’une maison devenue trop grande.
Si l’idée de penser votre propre mode de vie – des plans de la cuisine à l’organisation des courses, en passant par la déco du jardin – vous emballe, c’est peut-être une piste à explorer. L’habitat participatif, c’est une démarche collective : un groupe de seniors (parfois avec des familles ou des plus jeunes) décide, dès le départ, de créer un lieu de vie à son image, plus solidaire, plus convivial et écologique aussi souvent.
Un exemple marquant : le groupement « Maison des Babayagas » à Montreuil, conçu entièrement par et pour des femmes retraitées – autogéré, solidaire, et aux loyers maîtrisés. Mais attention, il faut accepter de consacrer du temps à monter le projet, de la recherche de financements à la gestion du quotidien.
Il s’agit d’un choix pour des seniors dynamiques, prêts à s’engager. Les projets fleurissent peu à peu en France : selon l’Habitat Participatif France, près de 200 résidences de ce type accueillent aujourd’hui plus de 3 000 personnes, avec une nette accélération ces cinq dernières années.
C’est une forme de colocation organisée par une association : les maisons partagées (parfois appelées Maisons des aînés, ou Maisons partagées Alzheimer, etc.) permettent à 6 à 8 seniors de vivre ensemble, souvent en centre-ville ou en zone rurale, tout en bénéficiant d’un accompagnement : présence d’un animateur, services d’aide à domicile, activités collectives.
Ce type d’habitat évite de basculer précocement vers une maison de retraite médicalisée (EHPAD). La Fondation Simon de Cyrène, par exemple, s’est spécialisée dans ces maisons où personnes âgées et adultes en situation de handicap vivent ensemble dans un esprit de fraternité (plus de 20 maisons en France en 2024, d’après la fondation).
Être senior, ce n’est pas juste partager sa routine avec des personnes du même âge. De plus en plus d’initiatives voient le jour autour de l’habitat intergénérationnel : on accueille sous son toit un étudiant ou un jeune travailleur, en échange d’une présence rassurante, voire de quelques menus services (courses, informatique…). Le plus souvent, la “location” se fait contre une participation modeste, voire gratuitement, s’il s’agit d’accompagner un senior en échange du gîte.
L’association Ensemble2Générations accompagne chaque année près de 4 000 binômes senior-jeune. Cette formule demande d’apprécier le lien avec les jeunes… et d’avoir une bonne dose de tolérance sur les points de vue ou les habitudes de chacun.
Il n’existe pas une seule bonne formule, mais une palette de solutions à adapter à ses propres rêves, besoins, et capacités du moment. Ce qui compte ? Garder la main sur son destin, continuer à pouvoir dire « chez moi », et enrichir son quotidien de petites et grandes rencontres. Et si l’idée vous trotte dans la tête, poussez la porte de quelques rencontres, testez, échangez, ne vous censurez pas : rien n’empêche de repenser son cadre de vie, à tout âge – et, croyez-moi, c’est souvent une sacrée aventure.
Sources :